Fernand Crombette : L’autodidacte qui réconcilie la géographie et l’histoire avec le Ciel

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Le 13 novembre 1970, dans la banlieue de la petite ville de Tournai (Belgique), un autodidacte s’éteint dans l’anonymat en laissant derrière lui 16.000 pages, réparties en 43 volumes, traitant de géographie, de géologie, d’histoire, d’égyptologie, de linguistique, d’astronomie et d’exégèse. Bienvenue dans l’univers du chercheur catholique Fernand Crombette.

Nota bene :

Les références renvoyant aux écrits de Fernand Crombette sont présentées par des numéros entre crochets […] et détaillées dans la section « Bibliographie« , à la fin de l’article.

Les informations synthétisées ici sont, en grande partie, issues du livre de Noël Derose, Si le monde savait… (4ᵉ éd., 2020). Pour simplifier la lecture, elles seront sourcées comme suit : (Derose + numéro de page).

Biographie

Fernand Charles Sabat Crombette (1880-1970) est le fils aîné du menuisier Charles Crombette et de Joséphine Mélanie Jolibois. Il a un frère, de deux ans plus jeune que lui : Gaston. Il perd son père à l’âge de 16 ans et, faute d’argent, ne peut s’inscrire au baccalauréat et doit abandonner ses brillantes études entreprises chez les frères Maristes à Lille Esquermes. À défaut, il mène une carrière de fonctionnaire à l’Administration des Postes dont il gravit rapidement tous les échelons.

Sur le plan religieux, c’est lors de la première guerre mondiale et prisonnier en Allemagne que Fernand Crombette retrouve le chemin de la foi catholique, après s’en être éloigné, heurté par les incohérences de certains coreligionnaires. Il devient tertiaire de Saint François en 1921 et membre de l’archiconfrérie du Sacré Cœur en 1930.

Fernand épouse, le 23 septembre 1907, Adrienne-Marie Mathieu, receveuse des Postes, et s’installe avec elle à Lille. La petite Liane Fernande Marcelle Crombette naît l’année suivante. Toutefois, Adrienne-Marie décède à l’été 1909, alors que son bébé n’a que dix mois. Fernand élève seul sa fille avec l’aide de sa mère chez laquelle il emménage, toujours à Lille. Liane entrera au couvent, chez les sœurs de la Visitation à l’âge de 28 ans.

Alors qu’il est inspecteur à l’Administration des Postes, Crombette découvre des malversations d’ordre politique et maçonnique. Refusant un poste de directeur en échange de son silence, sa hiérarchie le met à la retraite à taux plein en juin 1937, à l’âge de 57 ans, par un tour de passe-passe juridique (un décret ministériel n’ayant eu validité que 24h). Il met alors à profit sa nouvelle situation pour se dédier intégralement aux recherches qui lui tiennent à cœur. Il quitte la France la même année pour la Belgique voisine et s’installe dans la petite ville de Tournai, à 13 kilomètres de la frontière franco-belge, au 150 de la Chaussée de Renaix. Puis, avec l’arrivée de la seconde guerre mondiale, il déménage en 1939 en France libre, à Pau puis à Grenoble, pour ne pas être contraint de travailler pour les Allemands. C’est là que sa fille, ayant quitté son couvent en raison de sa santé fragile, le rejoint en 1942 et l’assiste dans ses recherches. La guerre achevée, ils reviennent s’installer définitivement dans la région de Tournai.

Fernand Crombette se passionne pour les disciplines ayant trait aux origines de l’espèce humaine, avec un angle chrétien. L’originalité de ses recherches tient dans le fait qu’il part du postulat que les Écritures Saintes disent vrai, y compris sur les plans historique et scientifique. Cette posture est appelée l’inerrance biblique. Au-delà de ce postulat initial, tout reste à découvrir, à vérifier, à comprendre. Fernand Crombette n’est pas un inventeur, mais un découvreur. Aussi, il ne cherche ni un concordisme simpliste, ni à prouver que la Bible dit vrai, mais à appliquer la méthode scientifique à la Bible pour vérifier, à travers ses milliers de détails, que ce qu’elle dit corrobore nos connaissances scientifiques.

Pour Crombette, la foi doit être « l’inspiratrice de toute action chrétienne » (Derose, p. 102). Il cherche à réhabiliter le Christ et sa Parole, à défendre l’Église catholique romaine et à rétablir la France dans sa primauté religieuse et intellectuelle. Il se place donc sous l’autorité du pape, déclarant : « si l’Église catholique romaine trouve des erreurs dans mon œuvre et si elle me donne l’ordre de la brûler, je le ferai » (Derose, p. 69).

Il travaille seul. Quatorze heures par jour. Sans crédit ni aide, faisant face à une science académique moderne qui s’est machinalement construite en opposition à la Vérité Révélée, au point de vouloir se substituer au christianisme. Indifférent aux tabous de son temps, il avance à la force de la prière et à la lumière de l’Esprit Saint, aidé par la Providence. Il fait dire des messes à l’intention de son travail. Comme Pascal, il n’a jamais pensé sans avoir d’abord prié. C’est ainsi qu’il rédige, de 1933 à 1966, une œuvre monumentale, pluridisciplinaire et cohérente, publiée à compte d’auteur. Ne cherchant ni le gain financier, ni les honneurs, il écrit sous le pseudonyme Un catholique français.

Recherches et découvertes

Avertissement : Les recherches et les découvertes de Fernand Crombette sont celles d’un homme, qui mettait certes la foi, la prière, l’humilité et la persévérance au cœur de sa démarche intellectuelle, mais d’un homme tout de même. Leurs contenus n’étant pas d’ordre théologal, j’emploierai le conditionnel pour les exposer, acceptant ainsi la possibilité qu’elles ne soient pas exemptes d’imperfections ou d’erreurs.

La géographie pré et post Déluge universel

Nous sommes au début des années 1930. Liane doit exécuter une peinture religieuse pour l’école. Fernand Crombette se propose alors de l’aider et commence à parcourir sa Bible. Son attention s’arrête sur le verset 12 du psaume 74, affirmant que « Dieu, notre Roi, dès avant les siècles, a opéré le salut au milieu de la terre ». Intrigué par ce qu’il lit, Fernand Crombette se demande si, au-delà du sens allégorique, Jérusalem pourrait effectivement être au centre géographique de la terre, comme on le pensait au Moyen Âge.

Carte Jérusalem centre du monde

Carte Jérusalem centre du monde

Alors que cette idée le travaille, il se souvient de deux pistes :

Première piste : La reconstitution de la Pangée

Alfred Wegener (1880-1930) – climatologue et astronome allemand de l’université de Marbourg – vient de présenter, dans La Genèse des continents et des océans (1915), sa théorie sur la dérive lente des continents à partir d’une calotte unique. Très novatrice, cette théorie est alors fortement décriée.

Deuxième piste : Le doublement de la Panthalassa

Planète Saturne et ses anneaux
Crédit : Saturne, par Cassini, 2013, NASA/JPL-Caltech/SSI/Cornell

La Genèse précise que Dieu, au deuxième « jour » de la Création, sépara les eaux, au-dessus et au-dessous du firmament (Gn 1, 7). S’appuyant sur ce passage, le philosophe allemand, Emmanuel Kant, avait émis l’hypothèse que notre planète primitive pouvait avoir été entourée d’un anneau aqueux (voire d’une sphère aqueuse), analogue à ceux de Saturne, et que celui-ci se serait abattu sur la Terre, au moment du Déluge universel (« les écluses du ciel », Gn 8, 2). Rappelons ici que les anneaux de Saturne sont composés à 99,9% de particules d’eau gelée. Par conséquent, la précipitation de l’anneau aqueux aurait eu pour effet de doubler le volume océanique initial (Panthalassa) lors du Déluge. Notons encore que la présence de cet anneau aurait pu protéger nos ancêtres des variations climatiques et participer à leur extraordinaire espérance de vie antédiluvienne.

Fernand Crombette veut vérifier ces deux propositions.

Il profite de sa retraite dans les Alpes pour consulter et recopier à la main les centaines de cartes géologiques du monde entier présentes à l’université de Grenoble. Ainsi, pendant plusieurs années, il reprend méticuleusement chaque pli du manteau terrestre pour reconstituer la Pangée, le continent unique primitif. Un travail de très haute couture qui durera de 1950 à 1955.

La Genèse indique qu’au troisième « jour », Dieu ordonna « que les eaux qui sont sous le ciel s’amassent en un seul endroit et qu’apparaisse le continent » (Gn 1, 9).

Carte de la Pangée niveau actuel

Crombette se familiarise avec chaque boursouflure, chaque dôme, chaque crevasse, chaque cirque, chaque fleuve, dont il remonte le cheminement jusqu’à la terre primitive, jusqu’au paradis terrestre. Son travail fait appel à l’hypsométrie, à l’hydrographie et à la géologie. Il retrace le parcours des grands fleuves (Volga, Dniepr, Escaut, Meuse, Rhin, etc.). Il repère aussi des « boucliers », c’est-à-dire des zones stables, peu ou pas recouvertes par les dépôts sédimentaires du Déluge. Il retrouve l’océan Scythique, mais aussi l’île de l’Atlantide évoquée par Platon (dans Critias et Timée) et dont l’immersion soudaine aurait entraîné un appel d’eau et l’asséchement de la mer Rouge devant Moïse et son peuple, puis un reflux qui aurait englouti toute l’armée du pharaon Amenephtès (Ex 14 ; Ps 114). Comme le dit la Genèse (Gn 2, 10-14), ce continent unique primitif apparaît bel et bien traversé par les quatre bras – Pishôn, Gihôn, Tigre et Euphrate – d’un même fleuve descendant du Mont Ararat. Puis, il reconstitue les cartes montrant, étapes par étape, comment la calotte unique s’est fracturée et ses morceaux ont zigzagué jusqu’à leur emplacement actuel.

Crombette passe ensuite à l’hypothèse de Kant. Aujourd’hui, le niveau moyen des mers étant d’environ 4000 mètres de profondeur, Fernand Crombette en déduit qu’il devait être d’environ 2000 mètres avant le Déluge universel. Ainsi, une fois la Pangée reconstituée, il abaisse de moitié le niveau du super-océan qui la bordait – la Panthalassa – pour l’amener à son niveau antédiluvien.

Première surprise

On observe une nette cassure du plancher océanique tout autour de la Pangée à – 2000 mètres de profondeur. En effet, les courbes bathymétriques et, subsidiairement, hypsométriques, montrent que le talus continental ceinturant la Pangée, avec un niveau océanique de – 2000 mètres, plonge brusquement pour rejoindre la plaine abyssale située environ 2000 mètres plus bas.

Schéma du talus continentalLà, après des années de patiente recherche guidée par la foi, surgit, en quelques instants, la Pangée primitive dont le pourtour montagneux dessine une fleur à huit pétales.

Carte de la Pangée -2000m avec continents

Seconde surprise

Puis, après avoir relié chaque bord opposé de la fleur à la règle, son cœur apparaît être… Jérusalem.

Carte de la Pangée -2000m avec légence

C’est la confirmation. L’inerrance d’un seul verset d’un seul psaume se révèle, dans sa parfaite beauté, sur la carte du monde.

« La montagne de Sion, c’est le pôle du monde » (Ps 47, 3)

« Ce jour-là, entre Égypte et Assour, Israël viendra en troisième, bénédiction au milieu de la terre […] » (Is 19, 24)

En effet, quoi de plus logique que la maison de Dieu – le Grand Temple abritant le Saint des Saints – se trouve au centre de la Terre, là même où le sang de Dieu a coulé par Amour pour nous.

Comme le dit le livre de la Genèse, le péché aurait eu de grandes conséquences biologiques et géologiques : les terres ingrates et épineuses, les douleurs à l’enfantement, les violences inter-espèces (prédateurs-proies) et intra-familiales (fratricide Caïn envers Abel), puis le Déluge, la fracturation de la Pangée… Au XIIème siècle, les visions d’Hildegarde de Bigen (Sainte et Docteur de l’Église) mirent en évidence la relation état de l’homme-état du cosmos.

Plus tard, par l’étude des langues antiques, Crombette confirmera ces données géographiques et découvrira l’histoire de ceux qui les peuplaient.

Retracer l’histoire des peuples depuis les origines

Les hiéroglyphes égyptiens et l’histoire de l’Égypte antique

Son intuition géographique confirmée, Crombette bute sur un nouveau problème : comment se fait-il que la Bible présente l’espèce humaine comme vieille de 6000 ans environ [au XVIIème siècle, l’évêque irlandais Usher data la création du monde en 4004 avant Jésus-Christ, date reprise par Bossuet], alors que les pontes de la paléoanthropologie présentent des datations infiniment plus longues ?

Il apparaît vite que la fracture entre la datation biblique et la datation académique s’opère au niveau de la chronologie de l’Égypte antique.

Première erreur de Champollion : Les système hiéroglyphique ne serait pas alphabétique, mais symbolique

Fernand Crombette prend alors le problème à bras le corps. Il entreprend des études à l’Association égyptologique Reine Élisabeth à Bruxelles en vue de s’initier aux hiéroglyphes selon la méthode de Jean-François Champollion (1790-1832). Mais, rapidement, Crombette l’estime défectueuse.

Champollion était sémitologue et traitait les hiéroglyphes comme une langue sémitique, affirmant ainsi que les quelque 2000 hiéroglyphes recensés représentaient chacun une lettre d’un colossal alphabet. Crombette n’est pas d’accord. Pour lui, le système hiéroglyphique n’est pas alphabétique mais symbolique. Chaque hiéroglyphe équivaudrait à un objet et, adhérant à l’intuition du père jésuite et immense savant allemand Athanasius Kircher (1602-1680), il pense que l’égyptien antique est basé sur l’homophonie (Derose, p. 161) et doit se déchiffrer à la manière d’un rébus. Un rébus comportant plusieurs niveaux de lecture cachés, accessibles aux seuls initiés (la formation préparatoire des scribes s’étendait sur une vingtaine d’années ; cf. Derose, p. 151). De plus, les hiéroglyphes – souvent monosyllabiques, parfois polysyllabiques – se prononceraient à l’identique de l’objet qu’ils représentent (Derose, p. 191).

Ce fonctionnement par homophones et rébus serait antérieur à l’Égypte ; il viendrait du temps de Babel et fut, par la suite, exporté dans les systèmes hiéroglyphiques du monde entier

Les hiéroglyphes seraient, par essence, une écriture à destination magique et incantatoire, au sens sinueux et mauvais, car en scellant le pouvoir de nommer, au sein de plusieurs niveaux allégoriques et cachés, elle conférait aux initiés une puissance d’appropriation sur les choses et les personnes.

Crombette constate encore que l’égyptien ne serait autre que la transcription du copte monosyllabique ancien. C’est donc dans cette langue chamite, morte et orale, mais nous étant en grande partie connue, qu’il conviendrait de déchiffrer les rébus formés par hiéroglyphes. C’est là un autre point qui le rapproche du père Kircher qui, adepte de cette langue, avait publié en 1636 le traité de coptologie, Prodromus Coptus sive Aegyptiacus.

Les hiéroglyphes égyptiens comporteraient des niveaux d’écriture et de lecture multiple. Ainsi, certains noms de pharaons pouvaient s’écrire de quarante manières différentes et Crombette reconnaîtra avoir certainement manqué nombre d’autres significations dans ses lectures. Chacune de ces manières renfermerait des informations liées au personnage nommé : datations, batailles, intrigues, catastrophes, fêtes, pratiques religieuses… s’étant déroulées en son temps. En somme, l’étude des cartouches (noms) des pharaons nous transmettrait l’histoire d’Égypte. Ce serait donc la science de l’onomastique (l’étude des noms) qui aiderait à lire l’égyptien.

Pour percer les hiéroglyphes à l’aide du copte, Crombette utilise les ouvrages linguistiques latin, français et anglais suivants :

  • Vocabularium coptico-latinum et latino-copticum de Gustav Parthey (Berolini, Fr. Nicolaï, 1844) ;
  • La Grammaire copte d’Alexis Mallon (Beyrouth, 1926) ;
  • A coptic dictionary de Walter E. Crum (Oxford, Clarendon Press, 1929).

Crombette commence par traduire les cartouches des rois et des reines des 31 dynasties classées par Manéthon de Sebennytos, prêtre historiographe égyptien du IVème sièlce avant Jésus-Christ et rédacteur en grec de L’Histoire de l’Égypte (Ægyptiaca). Crombette reconstitue ainsi l’histoire de l’Égypte antique qu’il consigne dans un opus de quinze volumes intitulé Le Livre des Noms des Rois d’Égypte [1 à 15].

Il entreprend de remonter toute la chronologie biblique depuis Adam.

Se faisant, il réalise que Misraïm () est le deuxième fils du Cham biblique (Amon), qui est lui-même le fils aîné de Noé. Misraïm (aussi orthographié Miçrayim dans la Bible : Gn 10, 6 & 13) arrive sur les pourtours du Nil peu après la dispersion des peuples depuis Babel et y fonde ce qui deviendra le royaume d’Égypte.

Les trois frères de Misraïm – Chus (Kush), Phuth (Put) et Chanaan (Canaan) – auraient fondé leurs propres villes, dont certaines situées jusqu’en Inde (Derose, p. 280).

Deuxième erreur de Champollion : Les premières dynasties ne seraient pas successives, mais concomitantes

Crombette apprend encore que les six premières dynasties égyptiennes auraient été occupées par les six fils de Misraïm et de sa femme Rhéa (Meuhè), ainsi qu’un général extérieur à la famille. Selon la classification de Manéthon de Sebennytos, les six dynastiques sont, dans l’ordre :

  1. Anamim-Ménès (Hôr ou Horus-l’Ancien ; associé à Jupiter) : deuxième fils de Misraïm et de Rhéa. Il épouse Hathor-Mounikhia (Athyris). Son second fils fondera, avec sa mère, le royaume de Crète.
  2. Bochos : un général des armées étranger à la famille de Misraïm et ayant pris le pouvoir.
  3. Chasluim (Shou ou Simou ; associé à Mercure) : fils ayant eu des relations incestueuses avec Rhéa. Son épouse est Typhoïs. Il est divinisé comme le dieu de la guerre. Il fonde Memphis, au sud du delta du Nil, il est à l’origine du papyrus, des mesures (la corne de bélier, la grande coudée, le roseau) et des premières pyramides. Son fils est Imouthès (ou Imhotep).
  4. Snefrou : fils légitime de Chasluim.
  5. Phatrusim (Osiris ; associé à Vénus) : fils marié à Isis. Il est de très petite taille et a la peau très mate. Grand voyageur, il conquiert l’Afrique (le Sarah était verdoyant en ce temps). Il sera assassiné.
    • Il est remplacé par son frère Nephtuim (Seth ; associé à Neptune) : Son épouse est Nephtys. Il explore les mers et est divinisé comme le dieu de la navigation. Il meurt sans héritier ;
    • Il est remplacé par son frère Luhabim (Keb-Anubis ; associé à Saturne) : Son épouse est Antiôpé (divinisée comme la déesse de la nuit). Il est à l’origine de la momification ;
    • Il est remplacé, sur ordre de Misraïm, par Horus-le-Jeune – fils de Ludim – plutôt que par Chérès, fils de Luhabim (Keb). Horus-le-Jeune est aussi appelé Ouserchérès, Siophes, Sisires, Tosorthros ou Imouthès.
  6. Ludim (Toth) : Il est le fils aîné de Misraïm et de Rhéa, mais il est déchu de ses droits d’aînesse en raison des relations incestueuses qu’il eut avec Rhéa. Son épouse est Héra-Teleute ; elle enfante Horus-le-Jeune. Ludim pratique la magie des Caïnites post-Déluge. Il fonde Héliopolis au sud-est de delta du Nil. Il est aussi à l’origine des hiéroglyphes, du calendrier sothiaque, des jours épagomènes et des jubilés. Il envahit la terre de Heth, son cousin, vers Gaza, qui devient le pays des Philistins (fils de Ludim). Il sera assassiné par ses enfants.

Il n’y aurait pas eu de septième dynastie, mais plutôt un conseil des sages temporaire présidé par Képhren à Memphis.

Observation : Comme nous venons de le voir avec les premières dynasties, les régents étaient divinisés sous des noms qui nous sont familiers (Isis ; Osiris ; Toth ; Seth qui deviendra Neptune, le dieu de la navigation ; etc.). Les mythes et les dieux grecs et égyptiens seraient tirés d’événements historiques et de personnages divinisés après la mort. Exemples : Arès (Chasluim), Chronos (Luhabim), Héra (Téleuté), Mercure/Hermès/Zeus (Ludim), Poséidon (Nephtuim).

Cette attitude est notamment confirmée par Octavius, un Romain converti au christianisme, dans sa réponse au païen Cécilius (datée du second siècle après Jésus-Christ) : « en adorant leurs rois, et désirant avoir leurs portraits après la mort, et conserver leur mémoire par des statues, ils ont, à la fin, converti en culte ce qui n’avait été pour eux qu’un sujet de consolation. » (cf. Joël Schmidt, Martyrs de Lyon, chapitre IX, éd. Salvator, 2019, p. 62.)

Ces six premières dynasties ne seraient donc pas successives, comme affirmé par Champollion et ses disciples, mais concomitantes, régnant côte à côte sur des parcelles géographiques distinctes. Une fois la généalogie des pharaons reconstituée sur ces bases [1, 2, 3], les datations s’accordent parfaitement – au jour près – avec celles du temps biblique.

En savoir plus sur les fondateurs de l’Égypte.

Troisième erreur de Champollion : L’égyptien ne serait pas antérieur au grec, mais postérieur à celui-ci

Tant les hiéroglyphes égyptiens que l’égyptien démotique (écriture courante et populaire ultérieure aux hiéroglyphes) seraient des systèmes d’écriture plus récents que le grec. Les scribes égyptiens auraient utilisé, au besoin, le système acrologique (utilisation d’un hiéroglyphe non pour sa signification mais pour ses caractéristiques phonétiques) pour transcrire les noms propres grecs dans leur langue, exactement comme le font de nos jours les Asiatiques pour écrire avec leurs idéogrammes les noms étrangers. Ainsi, les hiéroglyphes de la Pierre de Rosette (découverte en 1799 lors de l’expédition en Égypte de Napoléon et conservée au British Museum, à Londres) traduiraient du grec un décret du pharaon grec Ptolémée V Épiphane Eucharistos, et certains de ses pictogrammes transcriraient phonétiquement les noms grecs de Ptolémée et de Cléopâtre. Là encore, Champollion se serait trompé en estimant la pierre de Rosette comme antérieure au grec et en la prenant pour point de référence. Cette erreur finirait d’invalider sa datation des dynasties égyptiennes.

Photo de la pierre de Rosette

Grâce à sa méthode de lecture des hiéroglyphes, Crombette apprend énormément sur les pratiques de l’Égypte – à l’instar des sacrifices humains ou de la mise en esclavage des peuples vaincus dont font partie les Hébreux –, sur les conflits, les intrigues, les trahisons et les meurtres émaillant continuellement la vie des familles régnantes. Il apprend même comment furent construites les pyramides (Derose, p. 176).

[Nous pouvons dès lors nous demander comment Champollion parvient, tout de même, à lire quelque chose de cohérent avec sa méthode. Il se trouve que Champollion est, comme Crombette, parti du copte, mais a pris le chemin alphabétique. Le copte comme point de départ le sert, mais sa lecture alphabétique le dessert. Sa lecture ne serait pas si cohérente, comporterait des contresens en pagaille et ferait passer à côté de beaucoup de choses.]

Le copte monosyllabique ancien et l’onomastique : la clé des langues antiques

Le copte monosyllabique ancien semblerait être la première des langues, au moins depuis l’humanité renaissante à la suite du Déluge universel. L’humanité aurait également partagé un fonds graphique commun d’origine mésopotamienne. (Cf. Derose, p. 191.)

« Tout le monde se servait d’une même langue et des mêmes mots. » (Gn 11, 1)

Ce n’est qu’à partir de l’épisode de Babel que ce patrimoine linguistique commun commença à se morceler.

« Yahvé dit : “[…] Allons ! Descendons ! Et là, confondons leur langage pour qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres.” Yahvé les dispersa de là sur toute la face de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. Aussi la nomma-t-on Babel*, car c’est là que Yahvé confondit le langage de tous les habitants de la terre et c’est là qu’il les dispersa sur toute la face de la terre. » (Gn 11, 7-9)

 

*Le nom Babel est issu de la racine hébraïque bll, signifiant « mêler », « confondre ». Par ses traductions, Crombette obtient « voix désunies », « disperser aux extrémités », « le Ciel châtie ceux qui s’élèvent » ou « vaines ces splendeurs ».

Sa méthode lui permettrait de déchiffrer toutes les langues hiéroglyphiques du monde entier et de comprendre les filiations entre les langues antiques. En sus de l’égyptien, Crombette s’attellera ainsi au crétois, au hittite, à l’aztèque, au basque, à l’étrusque, au norvégien. Crombette rédige deux dictionnaires.

La langue et l’histoire de la Crète antique

Crombette constate que le Livre de la Genèse établit, au chapitre 10, une filiation entre les Égyptiens et les Crétois :

« Quant à Misraïm, il engendra Ludim, Anamim, Luhabim, Nephtuim, Phatrusim et Chasluim, desquels sont sortis les Philistins et en même temps les Caphtorim [c’est-à-dire les Crétois]. » (Gn 10, 13-14)

Selon les traductions de Crombette, l’île de Crète fut explorée par l’égyptien Nephtuim (Seth) en -2171. Elle était alors peuplée de quelques groupes isolés de Japhétites (Japhet était l’un des trois fils de Noé ; cf. Gn 6, 10).

La première dynastie crétoise aurait été fondée l’année suivante par deux Égyptiens chamites qui en chassent les Japhétites :

  1. Athothès II – aussi surnommé, d’après le copte, Curudès (c’est-à-dire « le Crètois ») ou Kenkènes-sos (c’est-à-dire « le fondateur et le conducteur de Knossos », la première capitale de la Crète). Il est le second fils d’Anamim-Ménès (Hôr ou Horus-l’Ancien ; le premier roi de la première dynastie égyptienne).
  2. Et Hathor-Mounikhia (Athyris), la mère d’Athothès II.

À leur mort, Athothès II fut divinisé sous le nom Phorkys (dieu marin) et Hathor-Mounikhia, première reine de l’île, sera considérée comme la déesse de la Crète. Elle est connue sous une multitude de noms : Diane, Artémis, Britomartis, Karyatis, Pasiphaé, Opis, Zoé, Dyktynna, Naîas, Strophaia, Koria et Eklô.

Observant cette continuité entre l’Égypte et la Crète, Crombette s’attelle aux hiéroglyphes crétois – bien moins nombreux que les hiéroglyphes égyptiens – restés indéchiffrés jusque-là, toujours à l’aide du copte. Ces hiéroglyphes seraient, selon lui, dérivés de l’écriture égyptienne dont ils demeurent très proches. Il parvient à les déchiffrer et, grâce à eux, à reconstituer l’histoire de la Crète en trois volumes [21, 22, 23] :

  • Dans le premier volume [21], Crombette traduit les hiéroglyphes du Disque de Phaestos découvert en 1908 par Luigi Pernier et non traduit jusqu’alors, explique sa méthode et retrace l’histoire de la Crète.
    Le Disque de Phaestos est un texte en rébus qui relate la règle du jeu de l’oie, la destruction de la ville de Cnossos et la libération de Dédale et Icare.
  • Dans le deuxième volume [22], il extrait une foule de détails à partir des noms des rois, reines, ethnarques, archontes et grands prêtres crétois.
  • Dans le troisième et dernier volume [23], il se concentre sur la lecture et la traduction des sceaux royaux en suivant l’ordre (anachronique) qu’en donne l’archéologue anglais Arthur John Evans dans Scripta Minoa (1909).

Disque de Phaestos, pile et face

D’après ces travaux la chronologie de l’histoire crétoise (donnée par les hiéroglyphes crétois) suivrait rigoureusement celle de l’histoire égyptienne (donnée par les hiéroglyphes égyptiens).

Listons quelques événements marquants de la Crète, d’après les travaux de Crombette :

L’histoire de Crète compte au total 72 rois répartis sur 3 dynasties, de -2171 à -926.

Première dynastie :

  • -2171 : Exploration de la Crète par Nephtuim (Seth).
  • Fondation de la première dynastie par le jeune Athothès II et sa mère Hathor-Mounikhia.
  • Hathor représente la vache. Son fils, Athothès II, représente le Minotaure (mi-homme, mi-taureau).
  • Athothès II fonde Cnossos, la ville des oies, à côté de la grotte sacrée du mont Ioukta.
  • Le 18ème roi de la première dynastie fait construire le célèbre temple-labyrinthe crétois par l’architecte Dédale (originaire de Carie) et son fils, Icare. La construction demande 20 ans de travail.
  • C’est sous Télamon, le 20ème roi de la première dynastie, que sont libérés Dédale et Icare.
  • C’est sous Phaestos, le 21ème roi de la première dynastie, qu’est imprimé dans l’argile le disque de qui porte son nom.
  • Le 31ème roi de la première dynastie est contemporain de l’éminent Joseph biblique et participe au cortège funèbre du père de ce dernier, Jacob (le troisième patriarche biblique).
  • Le 32ème roi de la première dynastie participe aux funérailles de Joseph.

Deuxième dynastie :

  • La deuxième dynastie crétoise est fondée peu après la mort de Joseph et prend fin avec l’assassinat de son 24ème roi (Derose, p. 213).
  • Au cours de cette deuxième dynastie, les rois crétois sont les vassaux des pharaons égyptiens.

Troisième dynastie :

  • -1229 : Fondation de la troisième dynastie.
  • -1225 : Les côtes crétoises sont ravagées par le raz-de-marée provoqué par l’ouverture de la Mer Rouge par Moïse.
  • Sous le 2ème roi de la troisième dynastie, la Crète passe sous domination grecque (Derose, p. 214).
  • Le 3ème roi de la troisième dynastie, Idoménée, et son armée participent à la prise de Troie aux côtés des Grecs (Derose, p. 214).
  • Sous le 5ème roi de la troisième dynastie, la Crète repasse sous domination égyptienne (Derose, p. 215).
  • -926 : Fin de la royauté minoenne.
    L’effondrement de la troisième dynastie provoque la fuite des Crétois vers l’Atlantique. Ils parviennent au niveau de l’actuelle frontière franco-espagnole où ils fondent le peuple basque (dont la langue, par filiation, remonterait au copte).

Listons quelques inventions dont la Crète, d’après les travaux de Crombette, semble avoir l’antériorité :

  • La balance à deux plateaux (inventée par l’épouse du 2ème roi de la première dynastie crétoise ; Derose, p. 209).
  • Le gnomon amélioré : un cadran solaire à cuvette, aussi nommé scaphé, scaphis, scapha, scapium, polos ou « coquille de la succession des temps » (inventé par le 4ème roi de la première dynastie crétoise, et non en Grèce).
  • L’imprimerie (inventée par Phaestos en Crète, et non en Chine).
  • La sériciculture, l’élevage du ver à soie (inventée en Crète, et non en Chine).
  • Mais encore : le tranchet (une lame légèrement courbée utilisée pour travailler le cuir.), l’encre sépia, les galères, le diadème royal, l’attelage à deux chevaux.

La langue et l’histoire des Hittites

Crombette s’attaque ensuite aux hiéroglyphes hittites, contemporains des hiéroglyphes égyptiens. Comme ces derniers, ils seraient employés à des fins magiques, formeraient des rébus et posséderaient des significations allégoriques.

La généalogie initiale des Hittites serait celle-ci :

  • -2198 : Cham, fils de Noé, et 1er roi des Hittites.
  • Chanaan, fils de Cham, et 2ème roi.
  • Heth, deuxième fils de Chanaan et 3ème roi, suzerain de tous les Énacides. Heth serait donc un chamite (cf. Louis Delaporte, Les Hittites, Éd. Albin Michel, 1936, pp. 1-2.). C’est sous son règne que Djerablous serait devienu la capitale des Hittites.
  • Crombette retrace l’arbre généalogique des Hittites jusqu’à leur chute en -747 environ, provoquée par la montée en puissance des Assyriens. Les Hittites auront eu, en tout, 95 rois.

En retraçant le parcours des hiéroglyphes hittites, Crombette parvient également à reconstituer la géographie mouvante de leurs utilisateurs.

Listons quelques faits marquants des Hittites :

  • En traduisant le bas-relief du site de Djerablous (jusqu’alors indéchiffré), Crombette apprend que ce lieu serait le point de départ des races noachiques et le centre ethnographique du monde.
  • Crombette découvre que la colossale sculpture rupestre trônant à Ivryz représenterait Noé (et non un certain roi Warpalawas, comme supposé par les hittitologues).
  • -2043 : Les Hittites envahissent et occupent l’Égypte, alors fortement affaiblie par des divisions internes.
  • Les Hittites commémorent tous les 100 ans la fin du Déluge. Crombette s’appuie sur cet indicateur cyclique pour caler sa frise.

La lecture de l’égyptien, du crétois, du hittite et des langues voisines dont les histoires s’enchevêtrent, permet à Fernand Crombette de croiser continuellement ces chronologies entre elles et de vérifier l’exactitude des datations qu’il recueille.

Les premiers royaumes du monde, Fernand Crombette/Bible

Le Joseph biblique : un personnage clé

En lisant les hiéroglyphes égyptiens, Crombette découvre que le Joseph biblique (le fils de Jacob – aussi orthographié Djouzaïphé – et mentionné dans treize chapitres de la Genèse) est un personnage de premier plan.

Berger hébreu, il est vendu par ses frères jaloux et arrive depuis la Phénicie comme captif en Égypte, au temps des rois hittites (hyksôs) de la 15ème dynastie. Il est instruit à la cour du pharaon hittite Apophis-le-Grand d’Égypte (Khaion, Salaucès ou Salithis-Saïtes) et ce dernier, qui a perdu son fils unique, Sethos, tué par empoisonnement, en fait son vice-roi et le renomme Çaphenath Pahenêach (Pahenêach venant du grec Phoinikos, signifiant « Phénicien »).

Joseph épouse Aseneth (Athéna) et règne depuis la ville d’Héliopolis. Juif, sage souverain régnant sur le plus vaste royaume au monde (de l’Atlantique à la mer Noire/Scythique) tout en y maintenant la paix, il serait aussi un ingénieur et un inventeur exceptionnel [37]. Il aurait inventé la lampe à mèche, le prisme, la vitre, la loupe, l’astronomie instrumentale, le loquet et la serrure, la distillation du naphte et du nard pour les sépultures, les sept notes fondamentales de musique, la flûte de Pan, la lyre, la cithare, la harpe, le casque de combat, le niveau à eau, la roue à engrenages, le sâqiyèh (un puits profond duquel l’eau est extraite par un chapelet de cruches ; un système analogue fut construit par Saladin au Caire). Prévoyant, il aurait fait construire des greniers, des chalands (grands bateaux à fond plat), les digues-réservoir de 50 mètres d’épaisseur du Fayoum et de la réserve ouadi el-Rayan, formant un lac artificiel ayant un périmètre de 358 kilomètres, ou encore le Bahr Youssouf, un canal occidental du Nil, et ses écluses.

« Le roi [d’Égypte] ordonne que [Joseph] soit relâché, le maître des peuples, qu’il soit libéré. Il fait de lui le chef de sa maison, le maître de tous ses biens, pour que les princes lui soient soumis, et qu’il apprenne la sagesse aux anciens. » (Ps 104, 20-22)

En raison de leur essence magique, les Hébreux considéraient les hiéroglyphes comme mauvais et impropres à leur monothéisme. Joseph invente donc, à partir d’eux, un système graphique neutre pour les juifs. Pour ce faire, il désarticule l’objet formé par chaque hiéroglyphe et en retire les voyelles, de telle sorte qu’il brise la puissance magique de l’écriture égyptienne.

Crombette précise à ce sujet : « La consonne est le squelette, la chair étant constituée par les voyelles. Or, un être d’os et de chair peut vivre ; un squelette est mort. Celui donc qui a eu l’idée de séparer la partie consonantique d’un mot de sa partie vocalique a tué le mot en lui arrachant les chairs. Voilà pourquoi l’hébreu écrit n’avait pas de voyelle. » (Derose, p. 193)

Crombette voit des similitudes entre les caractères sinaïtiques et les hiéroglyphes égyptiens. Pour lui, l’hébreu serait une langue hamitique (et non sémitique) et son alphabet découlerait des hiéroglyphes égyptiens qui, eux-mêmes, seraient la transcription du copte monosyllabique (langue orale parlée par Moïse). Ainsi, l’hébreu et le copte seraient deux langues sœurs. Moïse qui fut instruit à la cour du pharaon, utilise l’alphabet de Joseph pour mettre par écrit le Pentateuque – les cinq premiers livres de la Bible – dicté par Dieu (cf. Chanoine Eugène Mangenot, L’authenticité mosaïque du pentateuque, 1907).

Lire l’Ancien Testament à la lumière du copte

En lisant des documents crétois, Crombette apprend encore que Joseph aurait opéré un miracle lors du cheminement du cortège funèbre de Jacob, son défunt père. En effet, il aurait asséché les eaux à un certain endroit sur le Wadi el-Arish, laissant passer le cortège à pied sec. Un fait marquant non relaté dans la Bible. Crombette relit alors le passage traitant des funérailles de Jacob dans la Bible hébraïque, en donnant à chacune de ses lettres les consonances et les valeurs coptes, et en faisant une lecture phonétique des indications massorétiques, les marqueurs ajoutés au texte initial visant à assurer sa bonne transmission au fil des générations (Derose, p. 106). C’est l’illumination : il retrouve la description, trait pour trait, du miracle de Joseph resté caché aux traducteurs.

Cette découverte confirme à Crombette la filiation copto-égypto-hébraïque. Il serait possible de lire l’Ancien Testament par le prisme du copte et cela dévoilerait de nombreuses clés de compréhension, sans aucunement altérer les fondamentaux de la foi révélée. Crombette entreprend alors de traduire les onze premiers chapitres de la Genèse et certains passages de l’Ancien Testament par l’intermédiaire du copte et présente ses travaux dans deux volumes [35, 36].

« La foi, loin d’être l’éteignoir de la science et de l’esprit, en est la lumière véritable. » Fernand Crombette

Chronologie de Crombette (calendrier grégorien)

« Paléolithique » = Préhistoire = Période allant de la Création d’Adam au Déluge universel

  • -4004 : Création d’Adam
  • De -4004 à -2347,7

Lieux et dates des 7 glaciations locales. Ces glaciations auraient été causées par 7 déplacements consécutifs des pôles. Elles auraient été séparées par des périodes interglaciaires chaudes. Elles auraient duré chacune 222,222 ans, pour un total de 1555,55 ans :

  1. Terres boréales (île de Bennet) : le 29 septembre -3903,25 avant notre ère, Ève et Adam commettent le péché originel (Adam avait 100 ans).
  2. Mer de Weddel : -3681,03.
  3. Amérique du Nord (baie de Hudson) : -3458,81.
  4. Afrique du Sud (Kalahari) : -3236,59.
  5. Asie Centrale : -3014,37.
  6. Australie-Antarctide : -2792,15.
  7. Europe (Scandinavie) :
    • -2347,7 : Commencement du Déluge universel et de la dislocation de la Pangée (1656 ans après la création d’Adam).
    • -2347, le 18 avril : Fin du Déluge universel et fin de la glaciation de Würm. L’arche de Noé échoue sur le mont Ararat (alors nommé Igdyr, signifiant selon Crombette « lieu d’échouage, place où l’on s’est mis en marche »).

Les 7 glaciations selon Fernand Crombette

« Mésolithique » et « Néolithique » = Période commençant après le Déluge universel

Inondations violentes et locales :

  • -2125,48 : Inondation d’Osiris.
  • -1903,26 : Inondation d’Ozygis-Okéanos.
  • -1681,04 : Inondation de Deucallion.
  • -1458,82 : Inondation de Dardanus.
  • -1236,60 : Inondation de Plutarque.
  • -1225,72 : Exode.
  • -1003,50 : ?
  • -781,28 : ?
  • -559,06 : Inondation celtique.
  • -336,84 : Inondation belge.
  • -114,62 : Inondation de Cimbrique.

Chronologie de l’Antiquité :

De l’arche sortent huit personnes : Noé et sa femme Ishtar, ainsi que leurs trois fils et leurs femmes.

Noé s’établit à Dighour, au nord du mont Ararat. Ses trois fils sont :

  • Japhet : il prend le chemin de l’occident ; il aura sept fils ; sa ville de référence est Ispir.
  • Sem : il descend l’Euphrate en passant par Hinis ; il aura cinq fils.
  • Cham : il est maudit par son père pour avoir péché contre lui ; il descend le Tigre ; il aura quatre fils (Kush, Misraïm, Chanaan et Phuth) ; sa ville de référence est Khoÿ.
    Ishtar enseigne à son fils Cham la magie et l’idolâtrie. Noé la répudie. Cham divinise sa mère (représentée par la lune). Cham est divinisé de son vivant et appelé Bel ; il sera, plus tard, représenté par le soleil.
    Les Chamites érigent des villes en briques dans le sud de la Mésopotamie (région appelée Sennar ou Shinar) telles que Babylone, Ninive, Kish ou la tour de Babel (la première ziggurat : une pyramide à sept étages à but idolâtrique).

Puis :

  • Chanaan a onze fils : Sidon, Heth (né mi -2295), Amath, Samar, Jébus, Hevé, Gergès, Amorrh, Arad, Sin et Arac.
  • -2198, le 28 juin : Dispersion des peuples à Babel.
    • Heth fonde la civilisation hittite entre Gaza et la Mer morte.
    • Misraïm arrive sur le Nil (à Péluse ou Kal’at-et-Tineh) à l’automne -2198 ; il y érige une stèle du souvenir et fonde la civilisation égyptienne.
  •  -2176 : Création du calendrier sothiaque par Ludim (Toth). Il s’agit d’un calendrier de 12 mois de 30 jours, répartis en 3 saisons (Schê, Phosi, et Schêmou). Chacune de ces saisons dura 4 mois, auxquels sont ajoutés 5 jours épagomènes visant à corriger le décalage avec le cycle astronomique. Les contraintes induites par ce calendrier mobile aidera grandement Crombette à vérifier la validité de ses découvertes historiques s’ajustant parfaitement avec le rythme sothiaque.
  • -2171 : Remontée du Nil et exploration de l’Afrique par Phatrusim (Osiris).
  • -2171 : Exploration de la Crète par Nephtuim (Seth).
  • -2170 : Colonisation de la Crète et fondation de la première dynastie crétoise par le jeune Athothès II et sa mère Hathor-Mounikhia.
  • -2167 : Heth construit le port de Tyr avec l’aide de Nephtuim.
  • -2150 : Décès de Cham à l’âge de 298 ans.
  • -2145 : Décès de Misraïm.
  • -2121 : Décès de Chanaan, de Seth et de Heth.
  • -2069 : Décès d’Athothès II.
  • -2043 : Invasion et occupation de l’Égypte par les Hittites.
  • -1997 : Décès de Noé à l’âge de 950 ans.
  • -1996 : Écriture de la pierre de Rosette.
  • -1945 : Naissance d’Abraham.
  • de -1853 à -1808 : Règne de Sésostris I.
  • -1845 : Décès de Sem à l’âge de 600 ans.
  • -1845 : Naissance d’Isaac.
  • – 1785, le 21 mai : destruction de la ville de Cnossos en Crète.
  • -1770 : Décès d’Abraham à l’âge de 175 ans.
  • -1760 : Début du règne de Sésostris III.
  • -1664 : Accession au pouvoir de l’hébreu Joseph en tant que vice-roi d’Apophis-le-Grand.
    • Ajoute d’une 13ème figure à la ceinture zodiacale par Apophis-le-Grand (Derose, p. 229).
  • -1655 : Arrivée en Égypte du patriarche Jacob, père de Joseph.
  • -1584 : Décès de Joseph.
  • de -1493 à -1433 : règne de Mesèkys.
  • -1336 : Abandon de la religion du vrai Dieu, l’Adonaï des Hébreux, par les prêtres de Thèbes et reprise du culte d’Amon.
  • -1298, le 1er juin : Accession au pouvoir de Rampsès.
  • -1229 : Fondation de la troisième dynastie crétoise.
  • -1225 : Passage de la Mer Rouge par les Hébreux guidés par Moïse.
  • -1191, le 26 février : Accession au pouvoir de Rampsinitès (Ramsès III).
  • -747 environ : Fin de l’empire hittite.
  • -718, le 6 février : Décès du roi Poinekaios.

Autre point chronologique :

Crombette avance que ce ne seraient pas les Hébreux monothéistes qui auraient emprunté et embelli les récits de la Création et du Déluge aux Sumériens et aux Babyloniens polythéistes, comme on l’enseigne aujourd’hui. Ce serait l’inverse. En effet, Adam et Ève savaient qu’ils n’avaient qu’un seul Créateur. Le monothéisme était, par conséquent, premier. Ce n’est qu’au fil des générations que la foi s’est altérée au point d’engendrer des aberrations telles que l’idolâtrie, le polythéisme, l’animisme ou l’athéisme.

Intérêt des travaux de Fernand Crombette : réconcilier la géographie et l’histoire avec le Ciel

« toi, Seigneur, tu as tout réglé avec mesure, nombre et poids. » (Sg 11, 20)

Qui a créé l’univers : Dieu ou le néant ?

Lire notre article à ce sujet.

Le Déluge réhabilité

Les minutieux travaux de cartographie de Fernand Crombette réhabilitent le récit biblique du Déluge universel.

Saint Pierre apôtre : « dans les derniers jours, des moqueurs viendront avec leurs moqueries, allant au gré de leurs convoitises […] ils oublient que, jadis, il y avait des cieux, ainsi qu’une terre sortie de l’eau et constituée au milieu de l’eau grâce à la parole de Dieu. Par ces mêmes éléments, le monde d’alors périt dans les eaux du Déluge. » (2 P 3, 3-6)

Les Hébreux en Égypte

Aujourd’hui, la quasi-totalité des égyptologues nient les 430 années de présence des Hébreux en Égypte (Joseph, esclavage, Moïse, Exode), pour la simple raison qu’ils ne la lisent nulle part avec la méthode de Champollion. À l’inverse, avec sa méthode de lecture, Crombette retrouve, dans les hiéroglyphes égyptiens, la totalité de l’histoire des Hébreux en Égypte, et ce au jour près.

Moïse l’auteur du Pentateuque

Aujourd’hui, on peine à trouver un exégète catholique qui considère Moïse comme étant le véritable auteur du Pentateuque. La raison principale est que les exégètes catholiques se basent sur les travaux des égyptologues appliquant la méthode de Champollion et, donc, niant la présence des Hébreux en Égypte. À l’inverse, la méthode de Fernand Crombette confirme la rédaction du Pentateuque par Moïse.


Les travaux de Fernand Crombette – parce que non théologaux – peuvent comporter des erreurs. Mais, parce qu’ils apportent des réponses cohérentes et corroborant la création exposée dans la Genèse et la chronologie donnée par l’Ancien testament (au jour près), toutes les deux confirmées par de récentes révélations privées de Dieu, nous pouvons les considérer comment infiniment plus proches de la vérité que les théories de la science athée.

Le discours de Fernand Crombette ne diffère pas de ce qu’a cru et enseigné, jusqu’au début du 20 ème siècle, l’Église et les juifs (leur calendrier remonte encore jusqu’à Adam), mais également bien d’autres cultures parlant de la création, de la chute et du déluge.

Fernand Crombette a mobilisé toutes ses facultés pour vérifier la solidité scientifique et historique de la Bible. Il a travaillé avec honnêteté, rigueur, ténacité, humilité, intelligence et obéissance à l’Église catholique. Ses écrits ne sont pas théologaux, mais avaient pour bases de travail des écrits théologaux. Il était indifférent aux modes, tabous et anathèmes du monde académique dont il ne dépendait ni pour sa carrière, ni pour sa retraite, ni pour sa renommée. Ces qualités le placent au-dessus d’un grand nombre de chercheurs encensés par le monde.

Jésus : « La vérité est Dieu. C’est la clé pour comprendre la science. […] Si la science ne s’appuie pas sur Dieu, elle devient une erreur qui avilit au lieu d’élever. » (Maria Valtorta, tome 4, vision 242.9)

Bibliographie

Liste des 43 volumes de Fernand Crombette, selon sa propre classification :

Sur l’Égypte (20 volumes) :

  • 1 à 15 : Le Livre des Noms des Rois d’Égypte, 6817 pages, ≈ 1945
  • 16 : Dictionnaire systématique des hiéroglyphes égyptiens, 299 pages
  • 17 : Chronologie de l’Égypte pharaonique, 312 pages, 1952
  • 18, 19, 20 : Véridique histoire de l’Égypte antique, 1139 pages

Sur la Crète (3 volumes) :

  • 21, 22, 23 : Clartés sur la Crète, 1352 pages

Sur les Hittites (2 volumes) :

  • 24, 25 : Le Vrai visage des fils de Heth, 2 volumes 830 pages

Sur la préhistoire (2 volumes) :

  • 26, 27 : Synthèse préhistorique et esquisse assyriologique, 642 pages

Sur la géographie (5 volumes) :

  • 28, 29, 30 : Essai de géographie… divine, 1026 pages, 1935-1957
  • 31 : Essai de géographie… divine : L’Île de Pâques, 302 pages
  • 32 : Essai de géographie… divine : L’Atlantide, 398 page

Sur l’astronomie (2 volumes) :

  • 33, 34 : Galilée avait-il tort ou raison, 782 pages

Sur l’exégèse (2 volumes) :

  • 35, 36 : La Révélation de la Révélation, 877 pages, ≈ 1955

Compléments sur l’Égypte (2 volumes) :

  • 37 : Joseph, maître du monde et maître ès sciences, 301 pages
  • 38 : Champollion n’a pas lu les hiéroglyphes égyptiens, 67 pages

Atlas (2 volumes) :

  • 39 : Atlas relatif à l’Égypte et à la géophysique (une centaine de cartes)
  • 40 : Atlas de l’essai de géographie… divine (près de 120 cartes dessinées à la main)

Sur l’histoire de France (3 volumes) :

  • 41, 42, 43 : Le Christ et la France, 800 pages, 1970 (inachevé)

Autres ouvrages de Crombette :

  • L’Affaire Galilée, 1967
  • Dictionnaires hiéroglyphes-copte-latin, 252 pages ?

Ouvrage de vulgarisation synthétisant les travaux de Fernand Crombette :

Couverture du livre Si le monde savait…

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